La scène
est le lieu privilégié où, hier comme aujourd'hui,
l'identité franco-ontarienne est « en représentation ».
En Ontario français où la littérature même
a d'abord été une « prise de parole », le
théâtre, la poésie et la chanson ont toujours
été les domaines les plus fréquentés par
les artistes et les créateurs franco-ontariens et sont les
modes d'expression qui rejoignent davantage le public franco-ontarien.
Il y aurait beaucoup à dire sur les raisons qui privilégient
les arts de la scène par rapport aux arts plus « conceptuels »
ou « techniques », comme les arts visuels, la musique savante,
la littérature ou le cinéma. La situation de minoritaire
et la nécessité de défendre sa langue accentuent
sans doute l'urgence de la parole et de la communication directe,
par des moyens partagés par le plus grand nombre. Les amateurs
ne se comptent plus chez les chansonniers-poètes et les troupes
de théâtre pour adultes ou destinées aux enfants.
Dès la deuxième moitié du XIXe siècle,
le théâtre et la musique font les belles soirées
de l'Institut canadien-français d'Ottawa. Par ailleurs, il
se manifeste une profonde volonté de renouer avec ses racines
: un musicien comme Joseph Beaulieu (1895-1965), directeur-adjoint
de l'enseignement de la musique au ministère de l'Éducation,
lui-même auteur-compositeur et harmonisateur de chants de folklore,
fera énormément pour initier les jeunes Franco-Ontariens
à la musique, au chant choral (très populaire en Ontario
français) et leur faire connaître leur patrimoine musical.
Mais cette conjonction entre l'identité franco-ontarienne et
les arts de la scène culminera avec la « révolution
culturelle » des années 1970, venue du Nord, avec CANO
et un foisonnement d'activités sur tous les plans : le théâtre,
avec le Théâtre du Nouvel Ontario, la chanson avec, notamment,
CANO-musique, Garolou, Robert Paquette, sans parler de l'édition
avec Prise de Parole. Et de nombreux créateurs, poètes
et dramaturges (Dalpé, Desbiens entre autres), gens de mots
aussi bien que gens de scène, feront rayonner la culture franco-ontarienne
au-delà des frontières de l'Ontario et même du
Canada. Les Franco-Ontariens se doteront aussi de moyens de diffusion
des arts de la scène, dont le festival Théâtre
Action, La Nuit sur l'Étang, le Festival franco-ontarien, événements
auxquels les médias feront de plus en plus écho. Depuis
la fin des années 1980, les arts de la scène comme tout
le domaine des arts en Ontario français ont entrepris le virage
de la modernité. La mise sur pied de la Concentration Arts
à l'École de la Salle d'Ottawa en 1983, la fondation
de l'Association des professionels de la chanson et de la musique
à Sudbury en 1990, la fondation du Théâtre La
Catapulte en 1991 et l'obtention d'infrastructures essentielles au
théâtre contemporain à Sudbury et à Ottawa
(la Nouvelle Scène en 1999) sont parmi les points marquants
du renouveau des arts de la scène en Ontario. Aujourd'hui encore,
les artistes de la scène, tant amateurs que professionnels,
nourrissent l'identité franco-ontarienne, l'explorent et la
remettent en jeu.
L'industrie
de la musique
La musique
Les
arts dramatiques
Le théâtre en Ontario français
