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Beaux Textes des lettres françaises et canadiennes-françaises (1955) En 1953, la Société royale du Canada décerne la médaille « Tyrell » à Séraphin Marion, professeur émérite de littérature française à l'Université d'Ottawa, pour Les lettres canadiennes d'autrefois. Suite au couronnement de cette ouvre, dont le premier tome est utilisé dans les écoles secondaires bilingues ontariennes depuis 1939, le ministère de l'Éducation demande à Séraphin Marion de composer une nouvelle anthologie de textes littéraires pour le cours de français au secondaire. Lors de la préparation du manuel, Marion contacte lui-même de nombreuses librairies et maisons d'éditions francaises et canadiennes-françaises pour obtenir l'autorisation de reproduire des textes littéraires. Approuvé par le ministère de l'Éducation en 1955, Beaux Textes des lettres françaises et canadiennes-françaises remplace les Lectures choisies de Amédée Bénéteau et du père René Lamoureux pour les classes de français des 11e, 12e et 13e années. Dans cette remarquable anthologie, Marion rend compte de l'évolution historique des lettres françaises en divisant l'ouvrage en périodes et mouvements littéraires. Il choisit des extraits de poésie et de textes littéraires représentant le Moyen Âge (XIe au XVe siècles), le Classicisme (XVIe au XVIIIe siècles) et les Temps modernes (XIXe et XXe siècles). Le XIXe siècle est divisé en mouvements : le romantisme, le réalisme et le naturalisme, le Parnasse et le symbolisme. Des auteurs du XXe siècle et des auteurs canadiens-français sont présentés dans des sections séparées. L'innovation des Beaux Textes réside dans la présentation des périodes et des auteurs. Les commentaires critiques de Marion situent les auteurs selon un point de vue catholique. Par exemple, Victor Hugo est présenté comme l'un des plus grands poètes de la France; cependant, il aurait exprimé, selon Marion, plusieurs idées « fausses et nocives ». Aussi, Marion accorde-t-il une place importante aux auteurs catholiques. Il présente ainsi Lacordaire, Montalembert et Lamennais comme des auteurs qui ont voulu christianiser la démocratie dans la première moitié du XXe siècle. Montalembert, en particulier, aurait contribué à combattre le matérialisme à la base de la Révolution française. Chez les auteurs canadiens, Marion souligne la conversion de l'essayiste Arthur Buies, la plume élégante de Mgr Paul Bruchési et les ascendances catholique et française de l'historien et homme d'État Thomas Chapais. Bref, Beaux Textes cherche à développer chez l'élève l'habitude de juger de la valeur morale d'un roman selon un point de vue catholique. Dès sa sortie, le manuel est bien accueilli par les chefs de file de l'Ontario français, entre autres par l'Association canadienne-française d'éducation d'Ontario. |
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Commentaires ou questions ? crccf@uottawa.ca © Université d'Ottawa. |
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